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Rayan Lezzoum

Rayan Lezzoum

7 min

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Emails en spam : pourquoi vous y tombez et comment en sortir en 60 jours

Emails en spam : pourquoi vous y tombez et comment en sortir en 60 jours

Emails en spam : pourquoi vous y tombez et comment en sortir en 60 jours

Un e-commerce ne tombe pas en spam par hasard : il y glisse par une spirale de signaux que vous pouvez inverser. Le diagnostic en cinq minutes, les quatre causes, et le protocole de 60 jours qu'on applique en agence.

Un e-commerce ne tombe pas en spam par hasard : il y glisse par une spirale de signaux que vous pouvez inverser. Le diagnostic en cinq minutes, les quatre causes, et le protocole de 60 jours qu'on applique en agence.

Enveloppe corail s'élevant d'une bannette étiquetée Spam vers une bannette étiquetée Boîte principale, illustrant la sortie des emails du dossier spam
Enveloppe corail s'élevant d'une bannette étiquetée Spam vers une bannette étiquetée Boîte principale, illustrant la sortie des emails du dossier spam

Vos emails ne tombent pas en spam par hasard

« Est-ce que je tombe en spam ? Pourquoi ? Et comment en sortir ? » C'est la question que les e-commerçants nous posent le plus souvent. Et pour cause : même de grandes enseignes s'y enterrent pendant des années sans s'en rendre compte. Une grande marque de beauté française dort dans nos spams depuis plus de deux ans.

La bonne nouvelle, c'est que la sortie du spam suit un protocole précis. Certaines agences facturent ce travail 4 000 à 5 000 € sur 90 jours. Dans 99 % des cas, vous pouvez l'exécuter vous-même, en 60 jours, avec ce qui suit. C'est le protocole que nous appliquons en agence, sans rien retirer.

La réponse courte, si vous êtes pressé :

  • Le diagnostic tient dans une métrique : sous 30 % d'ouverture, une partie de vos emails part probablement en spam.

  • Quatre causes possibles : domaine non chauffé, alertes spam, absence de segmentation, contenu qui n'engage pas.

  • Le remède : des segments d'engagement (15, 30, 60, 90 jours) et 3 campagnes par semaine, en élargissant par paliers.


Comment savoir si vous êtes en spam : le diagnostic en cinq minutes

Gmail, Outlook et les autres fournisseurs attribuent un score de réputation à chaque expéditeur. Ce score décide de la destination de vos emails : la boîte principale, l'onglet Promotions, ou le spam. Précision utile : l'onglet Promotions n'est pas le spam. Pour un e-commerce, y atterrir est normal et parfaitement exploitable. Le problème commence au vrai spam, là où personne ne vous lit jamais.

Pas besoin d'outils compliqués pour vous situer. Vos taux d'ouverture et de clic disent presque tout :

Métrique

Mauvais

Correct

Excellent

Taux d'ouverture

Moins de 30 %

30 à 45 %

45 % et plus

Taux de clic

Moins de 1 %

1 à 2 %

3 % et plus

La logique est mécanique : si vous êtes en spam, personne n'ouvre. Un taux d'ouverture qui s'effondre est donc le symptôme le plus fiable. Pour confirmer, faites le test suivant : envoyez une campagne à vos « engagés 15 jours » (la définition arrive plus bas), c'est-à-dire vos meilleurs contacts. S'ils ouvrent à moins de 30 %, le protocole de cet article s'applique. S'ils ouvrent à moins de 15 %, vous êtes sérieusement blacklisté : il faudra ajouter un nettoyage de liste en profondeur et activer la double confirmation d'inscription.


La spirale du spam : pourquoi ça s'aggrave tout seul

Un mauvais taux d'ouverture envoie un signal simple aux fournisseurs : ces emails n'intéressent personne. Le fournisseur en déclasse une partie vers le spam. Résultat, encore moins de personnes les voient, donc le taux d'ouverture baisse, donc le déclassement s'accentue. C'est une spirale descendante : 30 %, puis 25, puis 20, puis 15. Un e-commerce qui ne change rien à son process finit avec les trois quarts de ses emails invisibles.

Nous avons vu le cas typique sur une petite boutique d'environ 2 000 contacts : des campagnes irrégulières, envoyées à toute la base à chaque fois. Taux d'ouverture en novembre : 36 %. Trois mois plus tard : 25 %. Rien d'autre n'avait changé. Chaque envoi non segmenté dégradait un peu plus la réputation du domaine.

La bonne nouvelle, c'est que la spirale fonctionne dans les deux sens. Des taux d'ouverture au-dessus de 45 % envoient le signal inverse, et les fournisseurs vous font remonter, jusqu'à la boîte principale. Tout le protocole de cet article repose sur cette spirale ascendante : concentrer vos envois sur les gens qui vous lisent, pour que les fournisseurs reclassent tout votre domaine.


Les quatre causes d'une mauvaise réputation d'expéditeur

1. Un domaine non chauffé

Vous créez un domaine d'envoi tout neuf et vous envoyez immédiatement des campagnes à 10 000 personnes : sa réputation saute. Un domaine se chauffe progressivement, comme un moteur. Pendant environ trois semaines, gardez uniquement vos flows principaux actifs et limitez les campagnes aux contacts engagés dans les 30 derniers jours. Volume et fréquence augmentent ensuite par paliers.


2. Les alertes spam dans vos emails

Les fournisseurs ont analysé statistiquement ce que contiennent les emails indésirables. Évitez d'en cocher les cases :

  • Les mots déclencheurs répétés. « Gratuit », « promo », « urgent », « -100 % ». Une fois, ça passe. Empilés dans le même email, c'est un signal.

  • Trop de liens. Limitez-vous aux appels à l'action essentiels. Pas dix ou quinze liens par email.

  • Les emojis en rafale. Deux maximum par email, et encore.

  • Le tout-image. Un email composé d'une seule grande image est un marqueur de spam pour certains fournisseurs. Préférez les emails hybrides, qui mélangent vrai texte et visuels, ou le texte brut, très rarement filtré car il ressemble à une conversation normale.


3. Zéro segmentation

Envoyer chaque campagne à toute la base est acceptable à 500 contacts. À 5 000 ou 10 000, c'est la cause numéro un des chutes de réputation, parce que vous forcez des centaines de personnes désengagées à ignorer vos emails à chaque envoi. La solution est de segmenter par engagement. Dans Klaviyo, créez un segment « engagés 15 jours » avec quatre conditions : la personne peut recevoir du marketing, a ouvert un email dans les 15 derniers jours, a cliqué dans les 15 derniers jours, et n'a jamais fait de bounce. Dupliquez ensuite ce segment en versions 30, 60 et 90 jours. Ces quatre segments sont l'ossature de tout le protocole.


4. Un contenu qui n'engage pas

Si chaque email est une promotion, vos lecteurs apprennent vite qu'il n'y a rien à ouvrir. « -20, -30, -40 », la personne connaît déjà le contenu sans cliquer, alors elle arrête d'ouvrir, et la spirale s'enclenche. Alternez avec du contenu qui mérite l'ouverture : éducatif, coulisses et lancements, questions fréquentes, comparatifs avant/après. C'est exactement le sujet de notre article sur les campagnes qui vendent sans brûler la base.


Le protocole 60 jours pour sortir du spam

Avant de lancer, deux prérequis. Un : vos quatre segments d'engagement existent (15, 30, 60, 90 jours). Deux : pendant toute la durée du protocole, seuls vos cinq flows principaux restent actifs : bienvenue, produit abandonné, panier et checkout abandonnés, et post-achat. Tout le reste se coupe, le temps de la cure.

Période

Qui reçoit vos campagnes

Rythme

Objectif

Jours 1 à 15

Engagés 15 jours

3 par semaine

Remonter l'ouverture sur votre noyau le plus chaud

Jour 15

Engagés 90 jours (1 campagne)

Une fois

Réalimenter le segment 15 jours

Jours 15 à 30

Engagés 15 jours

3 par semaine

Dépasser 40 % d'ouverture. On ne passe pas à la suite avant.

Jour 30

Toute la liste (1 campagne)

Une fois

Réengager les dormants

Jours 30 à 45

Engagés 30 jours

3 par semaine

Élargir sans casser les statistiques

Jour 45

Engagés 90 jours (1 campagne)

Une fois

Deuxième vague de réengagement

Jours 45 à 60

Engagés 30 jours

3 par semaine

Consolider au-dessus de 40 %

Jour 60

Toute la liste (1 campagne), puis engagés 60 jours

Une fois, puis 3 par semaine

Étendre au segment large et nettoyer la liste

La règle qui gouverne tout : les 40 %. Tant que le segment en cours n'ouvre pas à plus de 40 %, vous ne passez pas au palier suivant. Et si les taux retombent après un élargissement, vous redescendez d'un cran et vous continuez à chauffer. C'est un thermostat, pas un calendrier rigide.

Pourquoi trois campagnes par semaine ? Parce que la réputation se reconstruit avec des signaux positifs répétés. À une campagne par semaine, le même résultat prend trois fois plus de temps. Et vos contacts engagés, ceux qui ouvrent et cliquent, supportent très bien ce rythme : ce sont précisément les gens qui aiment vous lire.

Au jour 60, le nettoyage. Tous les contacts non engagés depuis 120 jours ou plus sortent de la liste. Soit vous les supprimez, soit vous les isolez et tentez une campagne de réactivation dans deux ou trois mois : ceux qui reviennent sont regagnés, les autres partent définitivement. Aucune pitié sur ce point. Une liste de 5 000 contacts qui ouvrent vaut infiniment plus qu'une liste de 20 000 fantômes qui coule votre réputation (et que votre plateforme vous facture).


Ce que la sortie du spam débloque vraiment

Sortir du spam n'est pas une fin en soi. C'est la condition d'entrée pour que l'email fasse son vrai travail : chez un e-commerce qui exploite correctement le canal, il pèse 25 à 40 % du chiffre d'affaires, et la moyenne constatée chez nos clients se situe à 35 %. Un domaine en spam plafonne ce potentiel à presque rien, quelle que soit la qualité de vos offres.

On vous l'a dit en introduction : dans 99 % des cas, ce protocole s'exécute seul, et cet article contient tout. Le 1 % restant, ce sont les comptes sévèrement blacklistés, les migrations de domaine et les bases très dégradées. Et si vous préférez que quelqu'un pilote la cure pendant que vous gérez votre boutique, réservez un appel avec nous : on diagnostique votre compte et on vous dit honnêtement si vous pouvez le faire seul.

FAQ

Questions fréquentes

Questions fréquentes

Questions fréquentes

Comment savoir si mes emails arrivent en spam ?

Regardez votre taux d'ouverture : sous 30 %, une partie de vos emails part probablement en spam. Pour confirmer, envoyez une campagne à vos contacts les plus engagés (ouverture et clic dans les 15 derniers jours) : s'ils ouvrent eux aussi à moins de 30 %, le problème vient de la réputation de votre domaine, pas de vos objets d'emails.

Pourquoi mes emails tombent en spam alors que j'envoie peu ?

Le volume n'est pas le premier critère, la réputation l'est. Des campagnes irrégulières envoyées à toute la base à chaque fois dégradent la réputation plus vite qu'un envoi fréquent mais segmenté : chaque envoi force des centaines de contacts désengagés à ignorer votre email, et ce signal s'accumule chez Gmail et Outlook.

Combien de temps faut-il pour sortir du spam ?

Comptez 60 jours avec un protocole par paliers : campagnes concentrées sur les contacts engagés, élargissement progressif dès que le segment en cours dépasse 40 % d'ouverture. Si vos meilleurs contacts ouvrent à moins de 15 %, vous êtes sévèrement blacklisté et il faut ajouter un nettoyage de liste en profondeur, ce qui rallonge la cure.

Faut-il supprimer les contacts inactifs de sa liste ?

Oui. Après la cure, tout contact sans engagement depuis 120 jours ou plus sort de la liste : suppression directe, ou isolation avec une tentative de réactivation deux à trois mois plus tard. Une liste plus petite qui ouvre vaut plus qu'une grande liste dormante qui coule votre réputation et gonfle votre facture de plateforme.

Les mots comme « promo » ou « gratuit » envoient-ils en spam ?

Pas isolément. Utilisé une fois, un mot promotionnel ne déclenche rien. C'est l'accumulation qui pèse : mots déclencheurs répétés, dizaine de liens, emojis en rafale et email tout-image dans le même message. Chaque signal s'additionne aux autres, et à votre réputation d'expéditeur existante.

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