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Le rachat ne s'attend pas : il se provoque
La plupart des marques qui vendent du consommable font la même chose : elles laissent tourner les pubs, encaissent la première commande, puis attendent. Le client reviendra bien un jour — dans trois, quatre, six mois. Elles regardent leur taux de clients récurrents sur Shopify, voient 20 ou 30 %, et se disent que ce n'est pas si mal.
C'est là que se cache l'argent. Parce que le vrai taux de rachat ne se décide pas au sixième mois : il se décide dans les 60 premiers jours. Le flow de replenishment — la relance de réapprovisionnement — sert exactement à ça : ramener un cash futur et incertain vers un présent quasi certain. Ce guide déroule la méthode complète : le bon moment, le bon message, la séquence exacte email + SMS + WhatsApp, les réglages Klaviyo qui évitent le ridicule, et la façon de mesurer sans se mentir. La version vidéo est sur notre chaîne YouTube.
Pourquoi tout se joue dans les 60 premiers jours

Sur le papier, les benchmarks 2026 sont plutôt flatteurs pour nos secteurs : 40 à 60 % de rachat à 12 mois sur les compléments alimentaires, 30 à 45 % en beauté et skincare. Sauf que ce chiffre est un résultat, pas un levier. Le levier, c'est ce qui se passe juste après la première commande — et là, une donnée change la façon de piloter : un client qui repasse commande dans les 60 jours est environ trois fois plus susceptible de continuer à acheter sur le long terme.
Autrement dit, le deuxième achat n'est pas une vente de plus : c'est l'événement qui décide si vous avez gagné un client ou juste encaissé une transaction. D'où l'objectif que nous fixons à nos clients : 30 % de rachat dans les 60 premiers jours. Pas 8 ou 15 % de conversion sur un email — aucun email ne convertit à ce niveau-là, et méfiez-vous de ceux qui vous le promettent. 30 % de rachat à 60 jours, c'est un effet cumulé : le flow de replenishment, plus le flow post-achat, plus les cross-sells, plus les campagnes. Le replenishment en est la pièce maîtresse : sur un produit consommable, il ajoute couramment 5 à 10 points de taux de rachat à lui seul.
Le bon moment : 70 à 80 % du cycle de consommation

La question du timing paraît compliquée. Elle tient en une phrase : combien de temps dure votre produit ? Vous visez ensuite 70 à 80 % de cette durée. Le produit est presque fini, la personne y pense encore tous les jours, et elle n'a pas encore eu le temps d'aller voir ailleurs. C'est la fenêtre.
Un pot de 60 gélules à raison de deux par jour, c'est un cycle de 30 jours : le rappel part à J+21 / J+25, pas à J+30. Attendre la fin réelle du pot, c'est arriver après la rupture — et une rupture de stock chez un client, ça se règle en trois clics chez un concurrent. Voici les repères que nous utilisons pour caler le premier envoi :
Type de produit | Cycle de consommation typique | Premier envoi |
|---|---|---|
Complément alimentaire (cure d'un mois) | 30 jours | J+21 à J+25 |
Complément en format 2-3 mois | 60 à 90 jours | J+45 à J+70 |
Sérum, crème visage | 45 à 60 jours | J+35 à J+45 |
Shampoing, gel douche, format familial | 60 à 75 jours | J+45 à J+55 |
Café, thé, épicerie fine | 20 à 30 jours | J+15 à J+22 |
Croquettes, litière, alimentation animale | 30 à 45 jours | J+22 à J+34 |
Non consommable (mode, déco, accessoires) | Pas de cycle : fréquence d'achat de la niche | J+25 à J+45 |
Et si vos produits ne se consomment pas ? La question change simplement de nature : ce n'est plus « quand le pot est-il fini ? » mais « tous les combien achète-t-on dans cette niche ? ». En mode, c'est souvent 25 à 45 jours. En déco ou en tech, c'est plus long et plus irrégulier — le replenishment devient alors un flow de rappel de collection ou de consommables associés (recharges, accessoires, filtres), pas un flow de réapprovisionnement au sens strict.
Un dernier réflexe : le cycle se mesure sur vos données, pas sur la théorie. Regardez le délai médian entre la première et la deuxième commande dans votre back-office. Si vos clients rachètent spontanément à 38 jours, votre cycle réel est de 38 jours — pas les 30 que vous imaginiez.
La règle des 20 % : un flow neutre ne parle à personne

C'est l'erreur la plus fréquente, et elle vient d'une bonne intention : vouloir un flow qui marche pour tout le catalogue. Résultat, on écrit « Il est temps de recommander ! » avec un visuel générique, aucun bénéfice produit, aucune preuve sociale. Ce flow s'adresse à tout le monde — donc à personne.
La règle que nous appliquons sur chaque compte tient en un seuil. Tant qu'un deuxième produit ne dépasse pas 20 % du chiffre d'affaires de la boutique, on ne crée pas de flow personnalisé pour lui. Tout le flow reste écrit pour le produit qui chiffre : ses bénéfices, ses objections, ses avis clients, son visuel. C'est du 80/20 assumé — oui, le message sera un peu à côté pour une minorité d'acheteurs, et ce n'est pas grave. Le jour où ce deuxième produit franchit les 20 %, on ajoute un split conditionnel sur le produit acheté et on lui écrit son propre sous-flow.
La question qui revient toujours en call : « et si je sors de nouveaux produits plus tard ? ». On personnalise pour les deux ou trois produits déjà validés — ceux sur lesquels les pubs tournent et qui font le chiffre aujourd'hui. Les nouveautés rejoindront le dispositif quand elles auront prouvé qu'elles pèsent. Construire un flow neutre « au cas où » revient à sacrifier 100 % de vos clients actuels pour d'hypothétiques futurs.
Pour aller plus loin sur la façon de découper votre base par produit, par valeur et par comportement, notre guide de la segmentation Klaviyo détaille les conditions exactes.
La séquence complète : 2 emails, 1 SMS, 1 WhatsApp

Voici la structure que nous déployons, calée ici sur un cycle produit de 30 jours. Décalez tous les délais proportionnellement si votre cycle est différent.
Moment | Canal | Rôle | Contenu |
|---|---|---|---|
J0 | — | Déclencheur | Commande passée : le compteur démarre |
J+25 | Le rappel utile | « Votre pot touche à sa fin », bloc produit dynamique, lien de rachat direct | |
J+26 | SMS | Le renfort | Une phrase, un lien. Pour ceux qui n'ouvrent pas leurs emails |
J+32 | Le rattrapage | Même produit, message plus court — et une petite offre seulement si nécessaire | |
J+33 | Le dernier mètre | Conversationnel : « on vous en remet un ? », réponse possible |
Trois principes derrière cette structure. Premier : l'email est le squelette. C'est le canal le moins cher, le plus profond, celui qui autorise l'éducation et le visuel — tout le monde lit encore ses emails, y compris les entrepreneurs persuadés du contraire. Le SMS et le WhatsApp sont des briques qu'on branche autour, pas des remplaçants.
Deuxième : on laisse respirer entre les deux vagues. Entre le SMS de J+26 et l'email de J+32, il y a une semaine de silence volontaire. Certains clients rachèteront d'eux-mêmes pendant ce laps de temps, via le site ou une pub. Les harceler entre-temps ne fait que grever la délivrabilité.
Troisième : un seul SMS et un seul WhatsApp. Ces canaux coûtent de l'argent à chaque envoi — 1 à 12 centimes par message WhatsApp selon le pays, sans compter l'abonnement à l'outil. Le retour est excellent tant qu'on reste chirurgical. Nos guides SMS marketing et WhatsApp marketing détaillent la mise en place de chaque canal — avec une précision importante : ne branchez pas WhatsApp via Klaviyo. Passez par un outil dédié comme Kanal, la référence française : les tarifs et la qualité d'exécution n'ont rien à voir.
Faut-il mettre une réduction ?
Pas dans le premier email. Le client aime votre produit, il l'a acheté au prix fort, il est en train de le finir : lui offrir 15 % pour un geste qu'il allait faire de toute façon, c'est acheter votre propre marge. Gardez l'offre pour l'email 2, et seulement si les chiffres montrent que le rappel seul ne suffit pas. Un rappel bien fait est un service, pas une promotion.
Ce qu'il y a dans l'email

Premier conseil, très concret : dans Klaviyo, ne créez pas ce flow à partir d'une page vide. Allez dans la bibliothèque de flows, tapez « replenishment », et partez du template natif. La raison n'est pas la fainéantise : le template embarque déjà le bloc produit dynamique, celui qui insère automatiquement le produit que la personne a acheté. Le reconstruire à la main est fastidieux, et c'est précisément l'élément qui fait la différence entre un rappel générique et un rappel qui montre le bon flacon.
Le reste du travail est un travail d'édition : votre logo, votre headline, vos couleurs, votre pied de page. Quatre points font le résultat :
L'objet parle du produit et du moment, pas de la commande. « Il vous reste 4 jours de cure » bat « Votre commande du 12 juillet » à tous les coups.
Le ton est celui du service rendu. Vous rendez service à quelqu'un qui allait tomber en panne de son produit — vous ne relancez pas un prospect tiède.
Un seul bouton, vers le rachat direct. Pas de « découvrir la collection », pas de trois CTA concurrents. Si votre plateforme le permet, un lien de recommande en un clic qui pré-remplit le panier.
La réassurance en pied : délai de livraison, et le fait qu'il ne s'agit pas d'un abonnement forcé. Le doute « est-ce qu'on va me prélever tous les mois ? » coûte des ventes.
Ajoutez une preuve sociale sur le produit — la note et le nombre d'avis suffisent. Si votre profil n'a pas encore de matière, le système Trustpilot se met en place en parallèle et sert tous vos emails, pas seulement celui-ci.
Les réglages Klaviyo qui évitent le ridicule
Un flow de replenishment mal réglé envoie « votre pot touche à sa fin » à quelqu'un qui a déjà recommandé la veille. Trois garde-fous suffisent.
Le split de sortie. La condition « Placed Order zero times since starting this flow » place le client hors du flow dès qu'il a racheté. Elle est incluse par défaut dans le template Klaviyo — mais absente si vous avez construit le flow à la main. Vérifiez-la avant tout le reste.
L'exclusion des abonnés. Si vous vendez aussi en abonnement, excluez les clients dont la commande est récurrente : leur réapprovisionnement est déjà automatique, le rappel n'est qu'une source de confusion (et une invitation à réexaminer leur abonnement).
Le filtre d'engagement sur les vagues suivantes. Le SMS et le WhatsApp peuvent partir à tout le monde — c'est même le choix qui convertit le plus. Mais si votre délivrabilité est fragile, réservez l'email 2 aux profils qui ont ouvert quelque chose ces 90 derniers jours.
Aller plus loin : laisser Klaviyo prédire la date

Klaviyo propose une alternative au délai fixe : la « expected date of next order », une date de prochaine commande calculée par ses modèles prédictifs à partir du rythme d'achat de chaque client. On déclenche alors le flow 5 à 7 jours avant cette date, au lieu de compter en jours depuis la commande.
C'est séduisant, mais ce n'est pas le point de départ. D'abord parce que la fonction a des conditions d'éligibilité sérieuses : au moins 500 clients ayant réellement passé commande, 180 jours d'historique, des commandes récentes, et une partie de clients à trois achats ou plus. Ensuite parce que la prédiction porte sur le client, pas sur le produit : elle ignore ce qu'il a acheté. Si votre catalogue mélange une cure de 30 jours et un format de 90 jours, un délai fixe par produit sera plus juste qu'une moyenne comportementale. La précision annoncée du modèle tourne autour de 75 à 85 % sur les clients ayant déjà commandé plusieurs fois — et sur un primo-acheteur, elle n'existe tout simplement pas.
Le bon usage : commencez au délai fixe, par produit. La date prédite devient pertinente quand vos clients achètent des choses aux cycles très différents, ou pour un flow de rappel généraliste en complément. Un piège à éviter dans tous les cas : ne transformez pas ce flow en compte à rebours répété avant chaque commande — un client fidèle qui reçoit la même séquence de relance à chaque cycle finit par se désinscrire.
Replenishment ou abonnement ?
La question se pose dès qu'on vend du consommable, et la réponse n'est pas « l'un ou l'autre ». L'abonnement est plus rentable par client quand il tient : sur les catégories de réapprovisionnement — compléments, café, alimentation animale —, le churn mensuel se situe couramment entre 4 et 7 %, très loin des box découverte à 10-15 %. Mais l'abonnement ne convertit qu'une fraction de vos acheteurs, et il demande une offre construite (avantage prix, fréquence choisie, pause facile).
Le flow de replenishment couvre tous les autres — c'est-à-dire l'immense majorité. En pratique, les deux se complètent : le flow relance ceux qui n'ont pas pris l'abonnement, et l'email 2 est un excellent endroit pour proposer le passage à l'abonnement à ceux qui rachètent pour la deuxième ou troisième fois. Le message change alors de nature : ce n'est plus une remise, c'est une simplification.
Mesurer : pourquoi il faut trois mois avant de juger
Voilà le point qui décourage la plupart des marques, et qu'il vaut mieux savoir avant de commencer. Un flow de panier abandonné se juge en une semaine : le trafic entre, les emails partent, les ventes tombent. Un flow de replenishment, non. Il faut attendre un cycle d'achat complet pour que les premiers clients atteignent seulement le déclencheur — puis un deuxième pour avoir un volume interprétable. Comptez deux à trois mois avant de tirer la moindre conclusion.
Et surtout, ne jugez pas ce flow au seul revenu attribué dans Klaviyo. La métrique qui compte est votre taux de rachat à 60 jours, mesuré sur des cohortes : les clients acquis en mars, combien ont recommandé avant fin avril ? Comparez cette courbe avant et après la mise en place. C'est le seul chiffre qui capture l'effet réel — y compris les rachats déclenchés par le rappel mais finalisés plus tard, via une pub ou une visite directe, que l'attribution ne verra jamais.
Par où commencer
Semaine 1 : sortez le délai médian entre première et deuxième commande de votre back-office, choisissez le produit qui fait le plus de chiffre, et montez le flow à partir du template Klaviyo — deux emails, split de sortie vérifié. C'est 80 % du résultat. Semaine 2 : branchez le SMS entre les deux, et le WhatsApp derrière l'email 2. Ensuite, laissez tourner deux mois avant de toucher quoi que ce soit.
Si votre compte n'a pas encore les fondations — flows de base, segmentation, délivrabilité —, le guide Klaviyo de A à Z les pose dans l'ordre, et les 8 flows essentiels situent le replenishment dans l'ensemble du dispositif.
Vous préférez qu'on cale les cycles, qu'on écrive les séquences et qu'on branche les canaux à votre place ? Prenez rendez-vous, on regarde vos données de rachat ensemble.
FAQ
Au bout de combien de jours envoyer un flow de replenishment ?
À 70-80 % de la durée de vie de votre produit. Pour une cure d'un mois, le premier email part à J+21 / J+25 ; pour un format de deux à trois mois, entre J+45 et J+70. Le meilleur repère reste vos propres données : sortez le délai médian entre la première et la deuxième commande dans votre back-office, et calez le flow un peu avant.
Que faire si mes produits ne sont pas consommables ?
La question devient « quelle est la fréquence d'achat moyenne dans ma niche ? » plutôt que « quand le produit est-il fini ? ». En mode, c'est souvent 25 à 45 jours. Sur des univers plus longs (déco, tech), le flow se transforme : on relance sur les consommables associés — recharges, accessoires, filtres — ou sur la nouvelle collection, plutôt que sur le même produit.
Faut-il mettre une réduction dans un flow de replenishment ?
Pas dans le premier email. Le client a acheté au prix fort, il apprécie le produit et il est sur le point d'en manquer : une remise ne fait qu'acheter votre propre marge sur un rachat qui allait arriver. Gardez l'offre pour le deuxième email, et seulement si les chiffres montrent que le rappel seul ne suffit pas.
Combien rapporte un flow de replenishment ?
Sur un produit consommable, il ajoute couramment 5 à 10 points de taux de rachat — l'objectif global étant d'atteindre 30 % de rachat dans les 60 premiers jours, tous leviers confondus. Attention à ne pas le juger sur le revenu attribué de la première semaine : il faut un cycle d'achat complet, soit deux à trois mois, avant d'avoir un chiffre interprétable.
Vaut-il mieux un abonnement qu'un flow de replenishment ?
Les deux se complètent. L'abonnement est plus rentable par client quand il tient (4 à 7 % de churn mensuel sur les catégories de réapprovisionnement), mais il ne convertit qu'une minorité d'acheteurs. Le flow de replenishment couvre tous les autres — et son deuxième email est justement le bon endroit pour proposer le passage à l'abonnement aux clients qui rachètent une deuxième ou troisième fois.
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