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Le meilleur résultat ne vient jamais du premier essai
L'A/B testing n'est pas un sujet sexy. C'est probablement pour ça qu'il est aussi mal fait — et c'est exactement pour ça qu'il rapporte. Le principe tient en une phrase : chaque boutique est unique. Le flow de bienvenue qui cartonne chez une marque de compléments ne fonctionnera pas tel quel chez une marque de bijoux. Pas la même audience, pas le même produit, pas le même angle. Écrire un email sans jamais le tester, c'est parier que vous avez trouvé la bonne version du premier coup.
Trois exemples, tous issus de comptes que nous gérons, chacun obtenu avec un seul test. Ce guide explique ensuite comment reproduire ça : quoi tester et dans quel ordre, sur combien de contacts, les erreurs qui invalident un test, et où cliquer dans Klaviyo. La version vidéo est sur notre chaîne YouTube.

Le premier porte sur l'email n°1 d'un flow de checkout abandonné : l'ouverture passe de 30 à 40 %, le clic de 6 à près de 12 %, et le chiffre d'affaires du flow est multiplié par quatre. Le deuxième, sur l'email n°1 d'un flow de bienvenue : l'ouverture bouge à peine, mais le clic double et le CA progresse de 50 %. Le troisième, sur une pop-up : l'opt-in passe de 6 à 13 %, le panier moyen gagne 20 %, et le revenu attribué à la pop-up double.
Aucun de ces trois tests ne portait sur la couleur d'un bouton. C'est tout le sujet de la section suivante.
La hiérarchie : testez l'offre avant la couleur du bouton

L'erreur la plus coûteuse en A/B testing n'est pas une erreur de méthode : c'est une erreur de sujet. Passer trois semaines à comparer « Profitez-en » et « J'en profite » pendant que l'offre n'a jamais bougé, c'est optimiser une virgule dans un texte qu'il fallait réécrire.
L'ordre d'impact est presque toujours le même : l'offre, puis l'audience et le moment, puis l'angle et l'objet, puis le format, et seulement en dernier les détails. Cette hiérarchie a une conséquence pratique très concrète, qu'on verra plus bas : plus votre base est petite, plus vous devez tester haut dans la liste — parce que seuls les gros écarts sont statistiquement détectables.
La pop-up : le premier chantier

C'est le premier élément que nous testons en reprenant un compte, parce qu'il conditionne tout le reste : chaque point d'opt-in gagné alimente en permanence tous les flows et toutes les campagnes derrière. L'objectif est de passer d'un taux à 3 % — ce que nous voyons le plus souvent — à 8-10 %. Voici les variables, dans l'ordre où nous les attaquons :
L'offre. Pourcentage ou montant en euros, livraison offerte, cadeau, quiz, contenu exclusif, accès VIP, format gamifié (roue, grattage, remise secrète). C'est là que se jouent les gros écarts — de très loin.
Le format. Pop-up centrée ou page pleine : ce sont les deux formats qui performent le mieux, et ils ne donnent pas les mêmes résultats selon les marques.
Le copywriting. Ton vendeur ou ton rassurant, version longue ou version courte.
Les champs demandés. Ajouter le numéro de téléphone fait mécaniquement baisser le taux d'opt-in — d'où notre principe : l'email seul en première étape, le SMS demandé après, une fois l'adresse acquise.
Le prénom. Le cas le plus surprenant. L'ajouter fait parfois chuter l'opt-in… et parfois le monter. Sur certaines audiences, le champ prénom est perçu comme un signal de sérieux, et les gens aiment être appelés par leur prénom. À tester, jamais à supposer.
Le texte du bouton. « J'en profite », « Recevoir mes −10 % », « Je m'inscris ».
Le timing et la fréquence. Le délai d'apparition — notre point de départ tourne autour de 12 secondes, assez pour que le visiteur s'engage sans être interrompu à peine arrivé —, puis le délai avant réapparition pour quelqu'un qui a refusé : le jour même, à 3 jours, à 5 jours ?
Les campagnes : ce qui bouge le plus
Sur les campagnes, la variable la plus sous-estimée est aussi la plus simple : le jour et l'heure d'envoi. Le même email envoyé à 11 h ou à 19 h peut donner des résultats du simple au double. Commencez par là, sur plusieurs semaines, et vous finirez par connaître votre audience mieux que n'importe quel benchmark sectoriel.
Priorité | Ce que vous testez | Exemples de versions |
|---|---|---|
1 | Jour et heure d'envoi | Mardi 11 h contre jeudi 19 h |
2 | Objet et preview text | Curiosité, urgence, émotion, avec ou sans emoji — et la version sans preview text, qui crée un espace visuel dans la boîte de réception |
3 | Angle marketing | Bénéfice direct contre douleur client, preuve sociale contre nouveauté |
4 | Type de contenu | Éducatif, produit, témoignage, storytelling |
5 | Format visuel | Email brandé, hybride (image + texte) ou plain text |
6 | Le CTA | « Découvrir la collection », « Trouver ma taille », « J'améliore ma routine » |
7 | Clients actifs contre inactifs, petit contre gros panier, acheteurs du produit A contre produit B |
Un mot sur l'angle marketing, parce que c'est là que le test devient un actif : l'objectif n'est pas de gagner un test, c'est de constituer votre bibliothèque de 5 à 10 angles qui chiffrent, que vous ferez ensuite tourner toute l'année. Cette bibliothèque, aucun consultant ne peut vous la donner — elle se construit test après test.
Les flows : deux niveaux qu'on confond tout le temps

Dans un flow, il y a deux choses très différentes à tester, et elles ne se testent pas avec le même outil.
Le contenu de l'email se teste comme une campagne : objet, preview text, headline, copywriting, format brandé ou plain text, présence d'images, longueur, produits mis en avant. On utilise la fonction « Create A/B test » directement sur l'email.
La structure du flow se teste autrement — et c'est souvent elle qui rapporte le plus. Le délai avant le premier email (15 minutes ? 2 heures ? le lendemain ?), les délais entre les messages, le nombre d'emails dans la séquence, l'ajout d'un SMS ou d'un WhatsApp, le découpage par valeur de panier ou par produit acheté. Pour tout ça, on n'utilise pas l'outil d'A/B test : on place un split conditionnel de type « random sample » à 50/50 dans le flow, on branche une variante de chaque côté, et on compare.
C'est ce mécanisme qui permet, par exemple, de vérifier si un quatrième email vaut le coup dans un flow existant, ou de trouver le bon délai de rappel dans un flow de replenishment.
Combien de contacts faut-il ? Le piège des faux gagnants

C'est la partie que presque personne n'explique, et c'est celle qui fait la différence entre un programme de tests qui améliore vraiment les résultats et une collection de conclusions fausses. Un test a besoin d'assez de monde pour que l'écart observé ne soit pas simplement du hasard.
Voici les ordres de grandeur pour une confiance raisonnable — et ils sont impitoyables :
Ce que vous testez | Taux actuel | Écart visé | Contacts nécessaires (total) |
|---|---|---|---|
Objet (ouverture) | 30 % | 30 → 40 % | ≈ 750 |
Objet (ouverture) | 30 % | 30 → 35 % | ≈ 2 800 |
Objet (ouverture) | 30 % | 30 → 32 % | ≈ 17 000 |
Contenu (clic) | 3 % | 3 → 6 % | ≈ 1 550 |
Contenu (clic) | 3 % | 3 → 4 % | ≈ 10 800 |
Pop-up (opt-in) | 5 % | 5 → 10 % | ≈ 900 visiteurs |
Pop-up (opt-in) | 5 % | 5 → 7 % | ≈ 4 500 visiteurs |
Lisez ce tableau une deuxième fois, parce qu'il change la façon de travailler. Chercher +2 points d'ouverture sur 3 000 contacts, c'est lire du bruit et l'appeler une victoire. Chercher un doublement du taux de clic sur 1 500 contacts, en revanche, c'est parfaitement jouable. C'est précisément pour ça qu'il faut tester l'offre et l'angle plutôt que le libellé d'un bouton : les gros écarts sont les seuls que votre volume vous permet de voir.
Deux conséquences pratiques. Sur les campagnes, vous envoyez à toute votre base : la contrainte est votre taille de liste. Sur les flows, le test tourne en continu et se remplit tout seul — mais il faut accepter de le laisser vivre plusieurs semaines avant de regarder. Et si vos volumes sont vraiment faibles, ne renoncez pas au test : laissez-le simplement tourner deux ou trois mois au lieu de deux semaines.
Les cinq erreurs qui invalident un test

Tester deux éléments en même temps. Objet et visuel modifiés ensemble : la version B gagne, et vous ne saurez jamais lequel des deux a joué — ni lequel a peut-être freiné l'autre. Un seul élément à la fois, toujours.
Conclure trop tôt. Une version prend l'avantage après 200 envois. Ce n'est pas un résultat, c'est un tirage. Voir le tableau ci-dessus.
Tester des détails insignifiants. Le pire usage de votre temps : optimiser la microcopie d'un CTA pendant que l'offre, elle, n'a jamais été remise en question.
Ne rien documenter. Sans carnet de tests, vous refaites les mêmes six mois plus tard, et vous perdez la seule chose que ces tests produisent vraiment : la connaissance de votre audience.
N'avoir aucun test en cours. C'est la règle numéro un, et la plus violée : il doit toujours y avoir un A/B test qui tourne. Un compte sans test en cours est un compte qui a arrêté de progresser.
Comment on met ça en place dans Klaviyo
La partie technique est simple, une fois qu'on sait où cliquer.
Sur une pop-up
Ouvrez le formulaire, cliquez sur « Create A/B test », nommez le test (« avec prénom / sans prénom »), et Klaviyo duplique votre pop-up en deux versions à éditer séparément. Deux réglages comptent : la répartition de l'audience — mettez-la en manuel à 50/50, c'est ce qui donne les résultats les plus propres — et le mode de fin : automatique par Klaviyo, ou manuel. Nous préférons le manuel, pour décider nous-mêmes quand il y a assez de données ; l'automatique reste un bon choix si vous n'avez pas le temps de suivre.
Sur un email de campagne ou de flow
Dans l'éditeur de l'email, l'option « Create A/B test » vous laisse choisir ce que vous testez : l'objet, le preview text, le contenu, ou même le nom d'expéditeur. Même logique de distribution — 50/50 pour commencer. Le point à ne pas rater : le critère d'arrêt. Si vous testez l'objet ou le preview text, le juge est le taux d'ouverture. Si vous testez le contenu, c'est le taux de clic — et, quand le volume le permet, le chiffre d'affaires.
Sur la structure d'un flow
Ajoutez un split conditionnel et choisissez « random sample » (échantillon aléatoire) réglé à 50/50. Chaque branche reçoit sa variante : un délai différent, un email de plus, un SMS ajouté. Vous comparez ensuite les deux branches dans les statistiques du flow. C'est le seul moyen de tester ce que l'outil d'A/B test ne couvre pas.
Le carnet de tests
Une feuille suffit, mais elle doit exister. Une ligne par test, avec : la date, l'élément testé, les deux versions, le volume par version, le résultat, et surtout la décision prise. Au bout de six mois, ce document vaut plus que n'importe quel audit : il contient ce que votre audience aime, ce qu'elle ignore, et à quelle heure elle achète. C'est un actif qui ne se copie pas.
Par où commencer
Cette semaine : un test sur votre pop-up, et sur l'offre — c'est le plus gros levier disponible immédiatement. La semaine suivante : l'objet du premier email de votre flow le plus fréquenté. Ensuite, ne vous arrêtez plus : dès qu'un test se termine, la version gagnante devient le nouveau point de départ, et un autre test démarre.
Si vous voulez d'abord vérifier que les fondations sont bonnes avant d'optimiser dessus, le guide Klaviyo de A à Z les pose dans l'ordre, et notre article sur les 20 erreurs email marketing liste ce qu'il vaut mieux corriger que tester.
Envie qu'on pilote ce programme de tests avec vous, sur vos volumes et vos flows ? Prenez rendez-vous — on regarde ce qui mérite d'être testé en premier chez vous.
FAQ
Combien de temps faut-il laisser tourner un A/B test email ?
Le temps n'est pas le bon critère : c'est le volume qui compte. Il faut assez de contacts pour que l'écart observé ne soit pas du hasard — environ 2 800 contacts pour détecter 5 points d'ouverture, mais 17 000 pour en détecter 2. Sur une campagne, cela se joue en un envoi ; sur un flow, comptez plusieurs semaines, voire deux à trois mois si vos volumes sont faibles.
Que faut-il tester en premier dans Klaviyo ?
La pop-up, et sur l'offre. C'est le levier au plus gros impact immédiat : chaque point d'opt-in gagné alimente ensuite tous vos flows et toutes vos campagnes. Ensuite, l'objet du premier email de votre flow le plus fréquenté, puis le jour et l'heure d'envoi de vos campagnes.
Peut-on tester deux éléments en même temps ?
Non — c'est l'erreur la plus fréquente. Si vous changez l'objet et le visuel ensemble et que la version B gagne, vous ne saurez jamais lequel des deux a produit le gain, ni si l'un des deux a freiné l'autre. Un seul élément par test. Le test multivarié existe, mais il demande des volumes hors de portée de la plupart des e-commerces.
Comment tester les délais d'un flow Klaviyo ?
Pas avec la fonction « Create A/B test », qui ne s'applique qu'aux emails. Ajoutez un split conditionnel de type « random sample » réglé à 50/50 dans le flow, mettez un délai différent de chaque côté, puis comparez les deux branches dans les statistiques. Le même mécanisme permet de tester l'ajout d'un email, d'un SMS ou d'un WhatsApp.
Faut-il laisser Klaviyo arrêter le test automatiquement ?
C'est une question de temps disponible. L'arrêt manuel donne le contrôle : vous décidez quand le volume est suffisant et quel critère prime. L'arrêt automatique est un bon compromis si vous ne suivez pas vos tests au quotidien — pensez alors à choisir le bon critère : le taux d'ouverture pour un test d'objet, le taux de clic pour un test de contenu.
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